Le mois de mars au Panta

"Les Revenants" de Henrik Ibsen, adaptation de Frédéric Sonntag

 

Panta Théâtre

24 rue de Bretagne

14000 Caen

02 31 85 62 00

 

Les Revenants de Henrik Ibsen, adaptation et réécriture de Frédéric Sonntag

Du lundi 11 au vendredi 15 mars 2019 à 20h

 

 

« C’est l’histoire d’une famille hantée par le fantôme du père. Avec des sujets qui font scandale à l’époque.
La révélation de secrets anciens fait exploser les vivants. Les personnages ne peuvent échapper à la catastrophe.

Véritable tragédie grecque où le destin joue un rôle fondamental, où les révélations funestes surgissent par petites notations successives, par petites phrases laissées en suspens, les revenants semblent nous inviter à vivre avec les fantômes que nous hébergeons bien involontairement et bien souvent inconsciemment. »

 

Mise en scène Guy Delamotte

Avec Véro Dahuron, Emmanuelle Wion, François Frapier, Timo Torikka, Emmanuel Vérité

Lumières Fabrice Fontal

Musique/Son Jean-Noël Françoise

Vidéo Laurent Rojol

Régie générale Valentin Pasquet

 

 

« Le travail d’adaptation que j’ai effectué sur Les Revenants d’Ibsen est venu d’un sentiment partagé avec Guy Delamotte, qui m’a commandé ce travail, d’une pièce dont la puissance des enjeux nous semblait masquée par une langue vieillissante. Il nous a donc paru opportun d’axer le travail d’adaptation non pas sur une actualisation des problématiques de la pièce, mais davantage sur un travail sur la langue qui aurait pour effet de nous rapprocher de ces problématiques.

Ce travail, je l’ai accompli en prenant pour point de départ la première traduction française de l’œuvre, celle de M. Prozor publié en 1889. Il s’agissait, ainsi, pour moi de repartir de la version traduite la plus contemporaine de celle en langue originale d’Ibsen et de ne pas avoir déjà comme filtre ceux des différentes traductions plus récentes qui font déjà un premier travail de modernisation ou d’actualisation. Il était ainsi intéressant de constater que cette traduction plus ancienne offrait parfois des passages beaucoup moins littéraires et plus immédiatement parlés que des versions plus récentes (qui compliquent parfois inutilement la compréhension par des traductions trop écrites).

A partir de cette traduction, j’ai opéré un premier travail de coupes et de resserrage de la pièce. Le rythme de la pièce d’Ibsen étend parfois de manière inutile certains passages, certaines scènes, avec pour conséquence de rendre moins lisible certains enjeux. En condensant la pièce, elle a gagné en clarté, en actualité, en puissance. Le second travail a été un choix, dû à nos échanges avec Guy, d’opter pour une langue plus proche de nous, pour un style plus direct, pour un parler plus accessible. Encore une fois non pour actualiser la pièce et la rapprocher de nous, mais davantage pour nous rapprocher d’elle. Avec comme objectif d’obtenir ainsi une certaine intemporalité des situations.

La pièce est ainsi moins ancrée dans un contexte folklorique de la Norvège de la fin du XIXème siècle et gagne en universalité.
Tout ce travail a eu pour effet de rendre plus évident les thématiques de la pièce, sa modernité, voire de
mettre de nouveau en avant sa dimension extrême et subversive, qui avait fait scandale à l’époque. L’autre axe du travail d’adaptation a été de proposer des ouvertures.

D’une part en offrant aux personnages l’occasion d’exprimer une intériorité souvent censurée. Sous la forme, par exemple, de lettres qui viennent apporter une parole moins contrainte par les tabous et les normes sociales. Mais également sous la forme de paysages intérieurs lors du repas qui fait la jonction entre l’acte 1 et l’acte 2.

D’autre part, par quelques courtes extensions ou quelques déplacements de certains passages du texte. Ainsi la question d’un désastre écologique, plus proche de nous, vient compléter le tableau d’une impression de fin des temps qui se dégage de la pièce. Ainsi des questions sociétales (comme l’euthanasie ou les couples qui vivent hors mariage ou le statut de la femme dans la société) ont été orientées pour offrir des résonances plus contemporaines. »

Frédéric Sonntag

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Par Maryline Bart, le .

Crédits

Tristan Delamotte