Gil Alma 100% naturel

À m'asseoir sur un banc ...

Gil Alma 100% naturel

C’est dans le cadre paisible de la maison Jean Vilar, à l’écart de la foule avignonnaise, que je retrouve Gil Alma. Assis tous les deux sur un banc pour converser en toute simplicité, je trouve l’image assez jolie.

Je suis un petit gars normal, un comédien, j’ai commencé les cours après le bac. Je n’étais pas doué à l’école et mes potes me disaient : « Gil, tu devrais faire du théâtre. » Je les faisais rire parce que je faisais le guignol et je me suis lancé là dedans un peu par hasard. J’étais un peu perdu, je ne voyais pas trop ce que cela pouvait faire… parce que malgré ce côté « rigolo », je suis très terre à terre.

Être comédien pour moi ce n’était pas spécialement un métier et je n’y croyais pas trop. Je me suis lancé et j’ai apprécié, j’y ai pris goût petit à petit et puis de fil en aiguille voilà.

J’étais poissonnier en même temps pour gagner ma vie et puis j’ai commencé à faire des petits courts métrages, de la figuration, une première phrase à la télé, des petites pièces de théâtre à droite et à gauche. Puis un spectacle que j’ai monté avec un copain et une copine, on faisait les imbéciles sur scène, on faisait des sketchs, ensuite une publicité et puis petit à petit le réseau a été plus performant, j’ai fait des trucs de plus en plus importants.

J’ai tourné dans des films au cinéma, j’ai tourné avec Costa Gavras, en 2008 j’avais fait « Vilaine« , j’ai travaillé jusqu’à ce qui m’a fait réellement connaitre en 2012 lorsque j’ai décroché « Mes chers voisins » sur Tf1, six ou sept millions de téléspectateurs, cela fait connaitre du grand public et cela aide énormément. Voilà le parcours grosso modo.

 

Un tel succès, est ce que cela n’enferme pas un peu ?

Bien sûr, avant TF1 je travaillais pour canal, je faisais un peu de cinéma, j’ai tourné avec Costa Gavras un film qui n’a pas vraiment marché : « Eden à l’ouest« , c’est dommage, cela traitait de l’émigration et des problèmes en méditerranée.

Après « Nos chers voisins » effectivement, on tourne moins avec Costa Gavras, ce qui est regrettable, mais la série va surement s’arrêter et j’ai décroché un six fois cinquante deux minutes pour France 2, c’est une série prestige. Il y a Pascal Elbé, Anne Charrier et je retrouve des textes un peu plus profonds, c’est tiré d’un livre, le best-seller de Michel Bussi « Maman a tort » qui se passe au Havre. Donc finalement j’arrive un peu à revenir sur autre chose, c’est bien de faire les deux, moi j’adore.

 

Tu as fait une école de théâtre ?

Oui c’est une très bonne école, cela s’appelait l’Atelier Frédéric Jacquot, c’était une reprise de cours de Raymond Girard qui était un grand cours à l’époque, Belmondo et tout plein de gens y sont passés. Frédéric Jacquot avait repris ce cours là mais je crois qu’il n’existe plus. J’y ai passé des moments magiques là-bas, j’arrivais comme un cheveu sur la soupe mais chez Frédéric, c’était top parce que c’était unpetit cours familial et en même temps techniquement il avait repris tous les ingrédients Raymond Girard pour former les comédiens, ce qui se fait de moins en moins mais c’était parfait.

 

Es-tu musicien ?

J’ai fait de la batterie mais en autodidacte et je n’ai pas continué. Quand j’ai commencé ce spectacle il y a deux ans, j’avais ma batterie sur scène mais je n’ai pas un niveau assez bon et puis c’est difficile d’incorporer un instrument de musique dans un spectacle d’humour surtout une batterie donc j’ai lâché l’affaire, on ne peut pas tout faire.

 

 

 

Ce spectacle justement, Gil Alma 100% naturel, cela fonctionne plutôt bien ?

Oui, javais déjà fait le festival l’année dernière avec une salle de quatre vingt cinq places que j’avais rempli, j’avais fait complet tous les soirs, et je recommence la même chose cette année mais dans une salle de cent soixante places. Je ne pensais pas rencontrer autant de succès et là je me dis que j’ai énormément de chance. Cela se passe vraiment très bien et je reviendrai surement l’année prochaine.

 

Il y a le public qui vient te voir en spectacle mais qui t’arrête aussi dans la rue, n’est-ce pas un peu étouffant tous ces gens autour de toi ?

Il y a beaucoup de gens qui me disent tu as du courage !!!

Alors il y a deux choses, d’abord j’aime bien les gens, ce n’est pas le cas de tout le monde, parfois quand on est fatigué cela peut être de dur, mais déjà moi j’aime bien les gens, ce qui est très important et deuxièmement j’ai été poissonnier pendant huit ans. Je sais ce que c’est de travailler, je me levais à quatre heures du matin, quand il  faisait moins dix, j’avais les mains dans la glace, j’arrachais des boyaux de poissons toute la journée mais j’aimais ça, c’était avec mon grand père et je le referai sans problème.

Alors là c’est plutôt cool, j’ai un spectacle, les gens m’aiment, c’est toujours très positif, je reçois beaucoup de bonnes ondes, je reste une heure et demie, deux heures à signer … il fait un peu chaud, je bois de l’eau et puis voilà c’est terminé. C’est ce que je dis aux gens, il y en a qui démontent des pneus toute la journée !!! J’ai de la chance il faut voir ça comme cela .

 

Après les vacances à Noirmoutier(rires), quels sont tes projets pour le spectacle ?

Je vais faire de la tournée principalement jusqu’à l’année prochaine, je referai Avignon 2018 et je reprendrai à Paris rentrée 2018.

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Par Maryline Bart, le .

Crédits

Christine Coquilleau

Sébastien Lelièvre