Le fils de l’Ursari

Une très jolie fable pour ouvrir notre regard

Résumé

Quand on est le fils d’un montreur d’ours, d’un Ursari, comme on dit chez les Roms, on sait qu’on ne reste jamais bien longtemps au même endroit. Harcelés par la police, chassés par des habitants, Ciprian et sa famille ont fini par relâcher leur ours et sont partis se réfugier à Paris où, paraît-il, il y a du travail et plein d’argent à gagner.
Dès l’arrivée dans le bidonville, chacun se découvre un nouveau métier. Daddu, le montreur d’ours, devient ferrailleur, M’man et Vera sont mendiantes professionnelles, Dimetriu, le grand frère, est « emprunteur » de portefeuilles et Ciprian, son apprenti.
Un soir, Ciprian ne rapporte rien de sa « journée de travail ». C’est qu’il a découvert le paradis, le « jardin du Lusquenbour », où il observe en cachette des joueurs de « tchèquématte ». Le garçon ne connaît rien aux échecs mais s’aperçoit vite qu’il est capable de rejouer chaque partie dans sa tête. C’est le début d’une nouvelle vie pour le fils de l’Ursari

Mon avis

Ce roman est une fiction qui retrace l’histoire hélas désormais classique et banale de milliers de gens que l’on croise sans les voir, ces milliers de gens qui pensent décrocher « la timbale » pour une nouvelle vie ailleurs et se retrouvent esclaves et exploités par des personnes abjectes qui s’enrichissent grâce au trafic humain. Une fiction, qui si elle parait un peu idyllique, est empreinte de réalisme et ne cède jamais à la mièvrerie.

Xavier-Laurent Petit écrit avec beaucoup de délicatesse, de bienveillance et d’humour un roman d’aventure, une fable des temps modernes sur un phénomène de société qui nous touche au quotidien. Il nous conte sans complaisance mais sans larmoiement la réalité des exilés, la pauvreté, l’illettrisme, l’injustice, le pouvoir nauséeux de certains mais aussi la passion pour un jeu qui permet de rencontrer des personnes profondément humaines et faire naître l’espoir d’un avenir meilleur …

On se laisse emporter comme dans un film grâce à une écriture est belle et fluide, à travers des personnages attachants.

C’est un très joli voyage en compagnie de Ciprian, un jeune garçon plein de candeur, d’innocence et de rêves et l’on se prend à rêver que les madame Baleine et le messieurs Énorme fleurissent par centaines.

 

 

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Par Maryline Bart, le .

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